L'immobilier fait le plein d'innovations ...

Investissements en hausse, intérêt des grands groupes, multiplication des start-up: les ingrédients sont réunis pour faire bouger le secteur.

Cette fois-ci le mastodonte semble bien décidé à se mettre en mouvement. Poids lourd de l'économie (10 % du PIB français), l'immobilier n'était pas réputé pour son agilité ni pour son appétit de changement. Mais, désormais, l'innovation immobilière n'est plus limitée à quelques geeks ou à des entrepreneurs atypiques, elle touche le secteur dans son ensemble. Ce n'est pas un hasard si Rent (Real Estate & New Tech), le salon des nouvelles technologies immobilières, qui s'ouvre ce mercredi à Paris, change de dimension.

Pour son édition 2019, la grand-messe des proptech (les start-up de l'immobilier) double de taille passant de 6 000 à 15 000 m2 et rassemblant 400 exposants au lieu de 200. Et pour marquer ce passage à l'âge adulte, le salon étrenne ses nouveaux habits, quittant la Villette pour rejoindre le pavillon 6 du Parc des expositions, dédié aux nouvelles technologies, tout juste achevé par Jean Nouvel. «Nous comptons faire de ce salon un véritable label des proptech,souligne Stéphane Scarella, directeur de Rent. Nous avons remis les start-up au centre de cette manifestation et espérons faire voyager notre village de start-up à l'international.» Pas moins de 120 start-up liées à l'immobilier ont ainsi été rassemblées et près de 8 000 visiteurs sont attendus.

Preuve que ces nouvelles technologies sont désormais indispensables, tous les grands noms du secteur se sont dotés d'une structure dédiée à l'innovation et/ou d'un incubateur de start-up. C'est ainsi que Nexity dispose d'un Nexity Lab et d'un «start-up studio» pendant que Vinci mise sur Leonard, sa «plateforme de prospective et d'innovation» ou qu'Icade vient de lancer Urban Odyssey, une structure en partenariat avec l'incubateur HEC. Et les réseaux d'agents immobiliers ne sont pas en reste: Orpi a noué un partenariat avec l'incubateur historique de la Silicon Valley, Plug and Play, tandis que la Fnaim a lancé son Fnaim Lab.

Disposer de structures pour stimuler l'innovation, c'est bien, mais y injecter massivement des capitaux, c'est mieux. De ce côté-là, le secteur peut mieux faire. Certes, les levées de fonds progressent d'année en année et ont atteint 188 millions d'euros sur un an, à fin septembre, selon le baromètre réalisé par Le Journal du Net. Mais cela ne représente encore que 4 % des sommes investies dans les start-up françaises sur la même période et une goutte d'eau par rapport aux sommes engagées aux États-Unis. Facebook, qui s'intéresse dorénavant de très près à l'immobilier, vient ainsi de mettre sur la table un milliard de dollars pour améliorer le logement social dans la seule ville de San Francisco.

Signe du changement en cours, le fonds américain Fifth Wall, principale firme de capital-risque du secteur immobilier avec un milliard de dollars de fonds sous mandat se tourne désormais vers l'Europe. Le groupe Gecina devient ainsi son premier partenaire français et investira 20 millions de dollars dans un fonds de cette société californienne. Prochaine étape envisagée: miser sur des start-up européennes. «L'Europe est plus en pointe que les États-Unis sur le développement durable ou le coliving, souligne Brendan Wallace, cofondateur de Fifth Wall. Nous pourrions investir dans ces secteurs.»

 

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Source: Boursorama

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