Logements neufs: les prix flambent, l’offre chute !

Dans un contexte de manque d’offre, de chute de la construction et d’un recul des permis de construire, le coût d’un logement neuf ne cesse de progresser. Jusqu’à quand?

Entre la pénurie de l’offre, la rareté du foncier, la hausse du coût de la construction, et la baisse des mises en chantier, le secteur du logement neuf souffre depuis des mois. Si l’on ajoute les réticences de nombreux maires à délivrer les permis de construire avec les élections municipales en ligne de mire (40.000 logements collectifs autorisés en moins qu’il y a deux ans, source FPI, fédération promoteurs immobiliers), les incertitudes autour de la reconduction du PTZ dans les zones B2 et C, la tendance n’est pas près de s’inverser.

Les tensions sur l’offre s’accentuent mois après mois. Selon l’Observatoire de la FPI, l’offre à la vente de logements neufs baisse de 14 % sur un an et le stock est inférieur à 9 mois de vente dans plusieurs métropoles majeures (Ile-de-France, Rennes, Nantes, Strasbourg, Montpellier ou Rennes). Le logement neuf devient rare. Résultat, il devient de plus en plus cher.

Selon l’Observatoire de la FPI, avec un prix moyen en France de 4060 €/m2 hors parking, la hausse est de 5% depuis 2018 et de plus de 10 % dans certaines grandes villes (voir ci-dessous). En Ile-de-France, le prix moyen dépasse les 5000 €/m2. Alexandra François Cuxac, présidente de la FPI tire la sonnette d’alarme: «Au cours des 6 prochaines années, il faudra bien accueillir de nouveaux ménages dans les métropoles. La pression de la demande va rester forte, et sans un flux suffisant de logements neufs, les prix continueront de monter».

Les promoteurs «otages» des maires

«Construire beaucoup ne garantit certes pas la baisse des prix, mais construire moins garantit leur hausse. Pour cela, il n’y a pas de solution autoritaire, comme le plafonnement des prix de vente, ni de solution miracle, comme les organismes fonciers solidaires mais un ensemble de solutions pragmatiques, à commencer par la densification. À nous de travailler nos projets, avec les futurs maires qui détiennent les clés du choc d’offre. Pour l’instant sur le terrain, nous sommes les otages», poursuit la présidente de la FPI. La piste de dissociation du foncier et du bâti est également évoquée tout comme les propositions du député Lagleize de supprimer les enchères du foncier public et d’instaurer une prime à la densité.

En attendant, et en dépit de la progression des prix, deux éléments moteurs permettent de soutenir l’activité du neuf: le Pinel pour les investisseurs et le PTZ pour les primo-accédants. Si le dispositif d’investissement locatif doit être reconduit sur le principe en 2020 et 2021 (peut-être sous un nouveau nom), l’avenir du PTZ n’est pas encore tranché. Pour son maintien dans les zones B2 et C, l’incertitude plane toujours. Un récent rapport commandé par le gouvernement préconise même sa suppression totale.

Olivier de la Roussière, PDG de Vinci immobilier redoute cette éventualité et milite pour la prolongation de ce prêt à taux zéro de l’État. «Pour les ménages modestes, ce système facilite l’accès à la propriété. En le supprimant, le risque serait de recréer une fracture territoriale.» prévient-il. Pour Alexandra François-Cuxac: «Supprimer le PTZ en zone dense n’a pas de sens. C’est encore le premier soutien à l’accession» affirme-t-elle.

 

Source: Le Figaro

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