Montpellier : un marché immobilier en ébullition ...

Avec une démographie en forte croissance, la ville connaît une tension importante sur les prix de l’immobilier, qu’il s’agisse du neuf ou de l’ancien. Une pression qui n’est pas prête de retomber.

Chez les professionnels de l’immobilier montpelliérains, l’ambiance est à l’étonnement.

Les pénuries se font se sentir un peu partout dans la ville. En cause : une trop grande attractivité. « Nous sommes devenus il y a deux ans la septième ville de France en nombre d’habitants », constate Philippe Saurel, maire de la ville. « Chaque année, Montpellier gagne 3 000 nouveaux habitants et la métropole entre 5 000 et 6 000, ce qui nous oblige à construire beaucoup de logements », ajoute-t-il. Les grandes opérations sont légion. Près d’une vingtaine de ZAC sont actuellement en chantier, comme celle de Saint-Roch. Quelque 1 000 logements viennent d’être livrés et 500 autres doivent arriver d’ici à 2030. Du côté de la ZAC de Pompignane, ce sont 1 400 logements qui vont sortir de terre entre 2016 et 2032.

Ce dynamisme en matière de construction ne parvient pas encore à détendre un marché locatif aujourd’hui saturé. C’est que Montpellier figure à la troisième place des villes étudiantes les plus attractives, selon le classement annuel établi par le journal L’Etudiant. Les jeunes du supérieur représentent près de 18,4 % de la population, et s’il y a bien une catégorie de logements difficiles à trouver aujourd’hui à Montpellier, c’est le T1 : « Les investisseurs se positionnent sur les studios du quartier Hôpitaux-Facultés. Les perspectives de rendement dans l’ancien y sont de 6 % bruts », indique Olivier Morgant. D’autres iront chercher des territoires plus éloignés, mais toujours bien desservis par les transports en commun, comme les quartiers des Arceaux, près de l’université de Montpellier, ou encore le secteur près du parc Clemenceau. Là, le mètre carré peut descendre sous la barre des 3 000 euros à l’achat, et les perspectives de rendement dépasser les 6 %.

Dans le neuf, où les prix sont plus proches des 4 500 à 5 000 euros le mètre carré hors parking, les rendements sont également bons pour les investisseurs, entre 3,5 % et 4 %. Sans oublier le dispositif Pinel et les avantages fiscaux liés à ce mécanisme : « Le neuf est dominé par les investisseurs, qui représentent 60 % de notre clientèle. Parmi les quartiers qu’ils visent, beaucoup se dirigent vers Port Marianne, un quartier existant que la municipalité réaménage entièrement », observe Christian Noailhac, directeur régional Occitanie de Crédit agricole immobilier. Là, ce sont près de 1 800 logements que prévoit de réaliser la mairie entre 2025 et 2030.

Mais, en attendant l’arrivée de ces nouvelles habitations, le marché du neuf s’essouffle, comme un peu partout en France, sur l’année 2019 : « Période électorale oblige, les permis de construire se font de plus en plus rares. Nous réalisons moins de 2 800 ventes depuis le début de l’année, alors que nous étions à 4 000 l’an passé », déplore Christian Noailhac. La Fédération des promoteurs immobiliers évoque même, sur le premier semestre 2019, une baisse de 24 % de l’offre commerciale sur l’ensemble de la métropole montpelliéraine. De quoi gonfler les prix du neuf, qui progressent de 3,6 % pour arriver à 4 160 euros le mètre carré hors parking.

La ville devra pourtant construire en masse pour accueillir ses futurs habitants. Détentrice du label « French Tech », Montpellier attire sur son territoire de nombreuses entreprises liées aux nouvelles technologies et à l’industrie visuelle et créative. Montpellier est ainsi la deuxième zone d’emploi parmi les grandes métropoles dites « créatives », et a créé entre le premier trimestre 2014 et le premier trimestre 2019 près de 23 556 emplois dans le secteur privé, soit 4 711 nouveaux emplois par an. Le taux de chômage recule de 2 %. Un contexte économique qui fait de Montpellier un placement de choix pour tous les types d’investisseurs.

 

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Source: Le Monde

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