Pourquoi certaines villes comptent bien moins de propriétaires que d'autres ?

Nice compte 47% de propriétaires quand Paris en dénombre 33%. Si les prix de l'immobilier ont une influence, ils ne sont pas toujours aussi déterminants qu'on ne le pense.

La France compte 58% de propriétaires-occupants. Si le chiffre a bien progressé depuis 50 ans – ils n'étaient que 43% en 1968 – il reste inférieur au taux de propriétaires observé dans les autres pays d'Europe. C'est pourquoi l'Union nationale des propriétaires immobiliers (UNPI) et le courtier Vousfinancer ont réalisé une étude pour comprendre quels sont les freins à la propriété.

Premier constat de cette étude : il existe de fortes disparités entre les régions. Ainsi, la Bretagne compte le plus fort taux de propriétaires (66,3%), quand la Guyane et l'Ile-de-France en comptabilisent le moins, avec respectivement 43,7% et 47,3%. Plus l'échelon géographique s'affine, plus les écarts sont importants. "La part des propriétaires excède 60% dans 58 départements. La Vendée, la Creuse, les Côtes-d'Armor et le Cantal affichent des taux supérieurs à 70%. Sur les 5 départements avec le moins de propriétaires, on compte Paris (33%) et ses départements voisins : la Seine-Saint-Denis (40%), les Hauts-de-Seine (43%) et le Val-de-Marne (45%)", précise l'étude.

Et enfin, à l'échelle des communes, la différence est encore plus flagrante. Ainsi La moitié des 35.000 communes ont plus de 80% de foyers propriétaires. Et pour 95% d'entre elles, ce taux est supérieur à la moyenne nationale. Pour Christophe Marques, directeur de CM Analytics, cabinet d'étude économique, "on peut expliquer ce décalage entre la moyenne et la médiane par le poids très important des métropoles. Dans les grandes villes où une fraction élevée de la population réside, le taux de propriétaires est faible ! Par exemple, les communes avec plus de 10.000 ménages, qui représentent seulement 1% des communes mais 39 % des ménages français, ont un taux moyen de propriétaires de 41%. A l’inverse, les communes les plus petites, accueillant moins de 1.000 ménages mais qui couvrent 87% des communes et 24% des ménages, affichent un taux moyen de 78%".

 

Les prix, mais pas que

Si les prix de l'immobilier jouent évidemment un rôle dans ces écarts, c'est loin d'être la seule explication. Certes, au-delà de 3.000 euros du mètre carré, il n'y a quasiment plus aucun département français ayant un taux de propriétaires supérieur à 60%. Mais en analysant les 50 premières villes françaises, l'étude montre que dans toutes ces villes, sans exception, moins de la moitié des ménages sont propriétaires de leur résidence principale, alors que les prix y varient pourtant du simple au quintuple. "Dans les plus grandes villes de France, nous n’observons donc aucune relation entre les prix immobiliers et la part des propriétaires. Ainsi, Paris affiche un taux comparable à ceux d’une vingtaine de grandes villes dont les prix sont deux à trois fois inférieurs aux siens (Bordeaux, Montpellier, Strasbourg…)", note l'étude.

Les autres critères sont donc la proportion de maisons individuelles, l'âge de la population, l'importance des familles, le niveau de revenu et le poids relatif de la population étudiante. L'étude donne l'exemple de Paris et Saint-Denis, deux villes où le taux de propriétaires est bas avec respectivement 33% et 23%. Dans la capitale, la raison est évidemment les prix très élevés de l'immobilier. À Saint-Denis en revanche, le faible taux de propriétaires s'explique par la faiblesse des revenus et la situation de l'emploi qui limitent la capacité des locataires à acquérir leur résidence principale.

 

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Source: LaVieImmo

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