Vers une baisse de régime pour 2019 et 2020

Dans l'ancien comme dans le neuf, l'immobilier hexagonal va connaître une accalmie en termes de volume et de prix prévoit Xerfi, spécialiste des études sectorielles.

En 2019 et en 2020, l'immobilier va connaître une baisse de régime en termes de volume,  de prix, dans l'ancien et  dans le neuf . Telle est l'analyse du groupe Xerfi dans une étude prospective du secteur publiée le 7 mars. « Les prémisses de la fin de cette période se sont déjà manifestées en 2018 après une très bonne année 2017 », indique Vincent Desruelles, directeur des études chez Xerfi. Pour ce dernier, un ralentissement général devrait se confirmer dans les prochains mois. « Il n'y a quand même rien d'alarmant car on va rester globalement sur des niveaux satisfaisants. Aucun effondrement n'est donc prévu », nuance-t-il.

Chute du volume des transactions

Dans l'ancien, au niveau national, Xerfi prévoit pour 2019 un reflux de 4,9 % du volume des transactions qui va rester au-dessus de la barre des 900.000 ventes. Cela devrait se traduire par une modération de la progression des prix que l'étude chiffre à 1.8 % en 2019 et à 0.8 % en 2020 contre 3 % en 2018. Au cours de ces deux années, l'Ile-de-France fera mieux que la province. « Sauf nouvelles mesures de soutien à la demande, la tendance au ralentissement devrait donc persister », est-il précisé.

Par ailleurs, Xerfi signale un « immobilier français à deux vitesses » avec une persistance, même une accentuation, de l'état de santé des marchés des grandes métropoles et de ceux des territoires périphériques et ruraux. Les régions littorales, du Sud, et l'Ile-de-France concentrent davantage de demandes et affichent des marchés dynamiques.

« A l'opposé, les prix des maisons individuelles stagnent, voire sont en baisse dans de nombreux départements ruraux », signale l'étude. Le mouvement des Gilets Jaune et les problèmes liés au pouvoir d'achat soulignent une fois de plus « un sentiment déclassement » dans ces zones les plus excentrées. Un changement de tendance sur ces territoires « dépendra largement du maintien des services publics et de l'attractivité économique », précise l'étude.

Dégradations dans le neuf

Dans le neuf, un secteur qui a déjà connu une  moindre activité en 2018 , la situation va continuer à se dégrader. Le nombre des ventes devrait reculer de 1.6 % en 2019 puis rebondir de 2.6 % en 2020. « C'est à cet horizon que l'on pourrait observer des efforts commerciaux chez les promoteurs et un nouvel impact positif sur les ventes en bloc. En 2020, il sera encore trop tôt pour tabler sur un impact relatif à la loi ELAN qui compte des mesures en faveur de l'offre destinées à favoriser la construction neuve », commente Vincent Desruelles.

Durcissement des conditions de crédit

En matière de crédits, les conditions devraient se durcir. « Les taux des prêts étant à nouveau au plus bas et les durées ayant été allongées au maximum, les leviers d'amélioration des financements se sont épuisés », indique Xerfi. A l'avenir, les banques pourraient se montrer moins généreuses et limiter leur exposition au risque. « Les ménages les plus modestes, deviendraient de fait moins solvables et pourraient ne plus avoir accès au crédit », avance Vincent Desruelles.

Source: https://patrimoine.lesechos.fr/immobilier/prix/0600847978683-immobilier-vers-une-baisse-de-regime-pour-2019-et-2020-2250124.php

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