Vers une chute du prix des maisons et des appartements à Rouen après l'incendie de l'usine Lubrizol ?

Certains experts tablent sur une baisse immédiate de 10 à 15% des prix. Des agents immobiliers conseillent à leurs clients de retarder, si possible, la mise en vente de leurs biens.

(BFM Immo) - Dans la nuit de mercredi à jeudi 26 septembre, l'usine Lubrizol à Rouen a été victime d'un incendie. 5.253 tonnes de produits chimiques y ont été détruits. Des analyses sur les risques sanitaires sont en cours. Et si les autorités se veulent rassurantes, les habitants, eux, sont inquiets. Une angoisse qui va avoir des conséquences immédiates sur le marché immobilier.

Henry Buzy-Cazaux, président de l'Institut du Management des Services immobiliers, estime qu'il faudra au minimum 3 à 6 mois pour que l'opinion publique soit rassurée, mais il table plus sur plusieurs années. "Les ménages vont vouloir voir dans le temps s'il y a des effets sanitaires concrets liés à cette catastrophe écologique", nous précise-t-il.

Et pour cet expert, "cela va se traduire par un véritable coup d'arrêt du marché immobilier". Et s'il y a quand même des transactions, il table sur une baisse immédiate de 10 à 15% des prix. "Car on parle de risque sanitaire, pas juste d'une vue qui pourrait être gâchée par la construction d'un immeuble", déplore-t-il. "L'impact est brutal et sans doute durable", pronostique Henry Buzy-Cazaux qui ajoute que les acquéreurs potentiels "vont vouloir intégrer la gravité du risque dans le prix". Et il rappelle que le gouvernement lui-même estime qu'il faudra du temps pour mesurer l'impact. D'ailleurs, de son côté, si Century 21 ne peut pas donner d'éléments chiffrés, il conseille à toute personne "qui peut différer la vente de son bien de le faire". Henry Buzy-Cazaux s'interroge aussi de l'impact sur les résidences secondaires en Normandie. Par ailleurs, le neuf également pourra être touché. "Les promoteurs vont essayer de faire baisser les prix du foncier. Et pourquoi même renoncer à construire par crainte de ne pas réussir à pré-commercialiser", s'inquiète le président de l'IMSI.

Une catastrophe pour la région

De son côté, le grand site de petites annonces Bien'ici est plutôt dans l'expectative. Déjà il ne constate pas de baisses significatives de volumes ou de prix à Rouen et dans un rayon d'une demi-heure en voiture depuis une semaine. Sur les offres à la location, le volume a baissé mais tout cela est assez normal à cette période. Le marché locatif est toujours plus actif au printemps qu'à l'aube de l'automne. Les loyers, eux, ont ponctuellement baissé mais en l'occurrence, il s'agissait de biens sans doute surévalués.

Pour l'instant, il n'y a pas de scénario noir, selon les données de Bien'ici, y compris même sur le volume de recherches qui n'a pas réellement bougé depuis l'incendie. Mais, David Benbassat, le directeur général de Bien'ici, a aussi conscience qu'avec seulement une semaine de recul c'est compliqué de mesurer l'impact qu'aura réellement la catastrophe.

Henry Buzy-Cazaux insiste bien sur le fait qu'il faudra peut-être des années pour mesure l'impact. Et il va plus loin. Rouen est touché, mais cela est peut-être également le cas sur la 1ère, 2ème, 3ème couronne aussi. "Une catastrophe écologie irradie. Pas étonnant qu'Hervé Morin, président de la région Normandie, réclame la venue d'Emmanuel Macron sur place. Psychologiquement, il faut rassurer les gens. Toute la région est concernée. Il y a un risque de disqualification du territoire".

 

 

Source: LaVieImmo

 

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